Après un été sec, des fissures apparaissent sur vos façades. Elles s'élargissent, se prolongent, réapparaissent chaque année un peu plus. Vos portes ferment mal. Il s'agit probablement de retrait-gonflement des argiles — le premier poste de sinistres du régime des catastrophes naturelles en France.
Les sols argileux se rétractent en période de sécheresse et gonflent lorsqu'ils se réhydratent. Ce mouvement n'est jamais uniforme : il dépend de la profondeur des fondations, de la présence d'arbres, de l'exposition, des réseaux enterrés. Le sol se dérobe davantage d'un côté que de l'autre, et la maison, elle, ne peut pas suivre. Elle se fissure.
Ce phénomène est appelé retrait-gonflement des argiles, ou RGA. Il touche une large partie du territoire français, et son intensité augmente avec la répétition des épisodes de sécheresse.
L'ampleur du phénomène est désormais chiffrée : 12,1 millions de maisons individuelles, soit 61,5 % du parc, sont situées en zone d'exposition moyenne ou forte. La seule sécheresse de 2022 a coûté 3,5 milliards d'euros d'indemnisation au régime des catastrophes naturelles. Et la Caisse centrale de réassurance projette une hausse de la sinistralité comprise entre 44 % et 162 % d'ici 2050.
Toutes les fissures ne relèvent pas du RGA. Un défaut de fondation, un tassement de remblai, une fuite de canalisation enterrée ou un simple retrait d'enduit produisent des désordres qui peuvent y ressembler. C'est précisément l'objet de l'expertise que de faire la différence — et de cette différence dépend votre indemnisation.
La franchise applicable aux dommages de sécheresse-réhydratation des sols est fixée réglementairement. Pour 2026, elle est de 1 520 € pour les biens à usage d'habitation. Elle n'est pas rachetable.
Le régime a été aménagé par l'ordonnance n° 2023-78 du 8 février 2023, précisément parce que le traitement des sinistres sécheresse posait problème. Les refus reposent en général sur trois arguments :
Ces trois arguments se combattent, mais sur le terrain technique uniquement, et avec des éléments produits au bon moment.
L'État expérimente depuis peu un fonds de prévention RGA destiné à protéger les maisons avant l'apparition des désordres. Le principe est simple : plutôt que d'indemniser des fissures à 16 500 € en moyenne, autant financer les travaux qui les évitent.
Le parcours se déroule en deux temps : d'abord un diagnostic de vulnérabilité réalisé par un professionnel compétent sur le RGA, puis, si le diagnostic est concluant, les travaux de prévention.
| Prestation | Plafond de dépenses éligibles |
|---|---|
| Diagnostic de vulnérabilité et inspection des réseaux enterrés | 2 000 € HT |
| Maîtrise d'œuvre travaux | 1 800 € HT |
| Travaux de prévention | 14 000 € HT |
Le taux de subvention va de 70 % à 90 % du montant TTC selon les revenus du foyer.
L'expérimentation est ouverte dans : Allier (03), Alpes-de-Haute-Provence (04), Dordogne (24), Gers (32), Indre (36), Lot-et-Garonne (47), Meurthe-et-Moselle (54), Nord (59), Puy-de-Dôme (63), Tarn (81) et Tarn-et-Garonne (82).
Vérifier votre éligibilité sur le simulateur officiel
Relevé complet des fissures, analyse du contexte géotechnique, de l'environnement végétal et des fondations. Nous déterminons si le RGA est bien en cause — et nous vous le disons même si la réponse est non.
Pose de témoins et relevés successifs pour démontrer le caractère évolutif des désordres et leur corrélation avec les périodes de sécheresse. C'est une pièce difficilement contestable.
Rapport technique complet, chronologie documentée, chiffrage des travaux de reprise. Un dossier qui tient debout devant l'expert de l'assureur comme devant un juge.
Nous sommes présents lors de la visite de l'expert d'assurance, nous discutons la qualification en temps réel et nous contestons les conclusions défavorables.
Plusieurs voies restent ouvertes. Une nouvelle demande communale peut être déposée pour un autre épisode de sécheresse. Selon l'âge de la construction, la garantie décennale du constructeur peut être mobilisée. Et un défaut d'étude de sol ou de fondation, s'il est établi, engage la responsabilité des professionnels. Une expertise permet de savoir laquelle de ces portes est ouverte.
Non, et c'est même une erreur fréquente. Faire constater et dater les désordres avant l'arrêté renforce considérablement le dossier. Vous aurez alors la preuve de l'état de la maison à une date certaine, et de son évolution.
L'exposition au retrait-gonflement des argiles est cartographiée à l'échelle nationale et consultable par adresse. Nous vérifions ce point systématiquement dans le cadre de l'expertise, en le croisant avec l'étude de sol de votre terrain si elle existe.
Selon l'ampleur du désordre : reprise en sous-œuvre par micropieux ou par injection de résine expansive, désolidarisation d'annexes, création d'un trottoir périphérique étanche, gestion des eaux pluviales, éloignement ou abattage de végétation. Ces solutions n'ont ni le même coût ni la même durabilité, et le choix se fait au vu du diagnostic, jamais avant.
Le premier échange téléphonique est gratuit et sans engagement.
Références : ordonnance n° 2023-78 du 8 février 2023 ; arrêté du 9 janvier 2026 (carte d'exposition RGA, applicable aux CCMI conclus à compter du 1er juillet 2026) ; arrêté du 23 avril 2026 (montants du fonds de prévention) ; franchise catastrophe naturelle sécheresse-réhydratation des sols en vigueur en 2026 : 1 520 € pour les biens à usage d'habitation. Données de sinistralité : Géorisques, BRGM, Caisse centrale de réassurance. Montants, délais et conditions susceptibles d'évoluer — à vérifier au moment de votre démarche.